Journal du tournage : jour 1



La veille du premier jour de tournage, nous nous sommes tous retrouvés à Metz.
Après un test Covid pour tout le monde (évidemment), les réalisateurs ont pris à tour de rôle la parole pour nous souhaiter la bienvenue et nous annoncer les couleurs de l’expérience que nous nous apprêtions à vivre. Nous continuons la soirée en faisant connaissance les uns avec les autres, notre équipe étant composée de 12 personnes des quatre coins de la France et du Luxembourg.
Le lendemain, réveil à 7h-7h30, la première scène est tournée dans un café- bar très chaleureux à Metz (prêté par le propriétaire pour le tournage).
Pour cette première scène, l’équipe est au complet.
On commence par un déplacement de meubles afin d’avoir la place pour le matériel et la caméra.
Tout se déroule parfaitement bien, c’est le premier jour et on est tous hyper motivés et plein d’énergie.
Pour un plan où la rue est visible par la fenêtre, les 2 régisseurs (Gaspard et Marine), doivent aller dans la rue, pour arrêter les passants et éviter qu’ils rentrent dans le champ de la caméra. Un exercice délicat : comment faire ça gentiment, sans trop se prendre pour un agent de circulation et sans se faire totalement ignorer ou détester.
En plus, nous sommes 2 pour 3 voies de passage, le bar situé sur un angle. Il y avait 2 trottoirs à chaque fois, donc pas évident de scruter tout ça en même temps. On essaye des signes de loin, ce qui nous fait passer pour des fous ou alors on court à la rencontre des passants de bout en bout de la chaussée (ce qui leur fait parfois un peu peur). Chaque passant traversant la rue est un risque de gâcher le plan car ils ne résistent pas à leur curiosité et jettent inévitablement un regard dans le bar.
On a fini par essayer de leur dire simplement d’avancer sans regarder parce que ça tournait à l’intérieur et idem, impossible pour eux de résister à un petit coup d’œil vers la caméra.
Néanmoins, Metz n’étant pas New York, on finit par avoir un laps de temps où le plan se tourne sans perturbations.
On remballe tout rapidement et les équipes partent une à une pour les prochaines scènes.
D’abord les acteurs et les réalisateurs (pour se préparer, avoir le temps de se mettre dans le rôle et d’appréhender les lieux).
Ensuite l’équipe technique (avec une voiture pleine de matériels pour l’image, le son, la lumière, etc.).
En derniers, les régisseurs qui finissent de ranger, de remettre le bar en état, de remercier le propriétaire, et vérifier que rien n’a été oublié.
Départ pour la scène du bus.
Pour tourner cette scène, nous avons demandé l’autorisation au service transport de Metz.
D’abord, nous tournons une scène où Olivier (joué par Maxime Barkowski) sort du bus. Pour cela, lorsqu’un bus arrive à l’arrêt, Maxime monte dedans, et joue son rôle, c’est-à-dire redescendre. Au même moment, un membre de l’équipe s’empresse d’aller demander au chauffeur d’attendre un petit peu avant de repartir. Le premier essai est raté, on le refait plusieurs fois, donc on attend un autre bus etc. Finalement la scène est tournée et tout s’est bien passé.
Les choses se compliquent un peu lorsqu’il s’agit de tourner DANS le bus. Scène où Olivier, trouve à ses pieds un prospectus qui le guidera dans sa quête.
Tourner dans un bus … je ne sais pas pour vous mais moi j’imaginais un bus vide, garé ou sur le bord d’une route et surtout, à l’arrêt. Ensuite, s’il faut que le bus roule, eh bien l’informatique fera le travail !
En fait, pas du tout, l’idée est plus simple dans un sens mais en fait assez technique…
Pour tourner une scène dans un bus :
Montez dedans (alors qu’il est plein), achetez des tickets pour tout le monde, demandez à tous les passagers du fond de s’avancer devant (pour avoir la place de filmer) installez les figurants et acteurs, et préparez-vous à dompter la route.
Nous montons donc dans un bus plutôt bien rempli en équipe restreinte (réalisateurs, assistante réalisateurs, figurant, acteur, perchman, un régisseur et les 2 membres de l’équipe technique image).
D’abord, pour convaincre les passants de se déplacer, Jean Baptiste (réalisateur de "Demain, mon père") va déclarer qu’avec l’autorisation de la préfecture de Metz, nous allons tourner une scène et que nous avons besoin de place.
Cela se passe bien (surprenant) et tout le monde est conciliant. Jean Baptiste a quelque chose d’autoritaire finalement.
La difficulté apparait lorsque la caméra tourne. Nous sommes tombés sur le chauffeur de bus le moins doux de la région Grand Est. Entre virages serrés et coups de freins brutaux, on soupçonnerait presque une volonté de sabotage.
Pour que le cadreur et sa caméra ne se prennent pas de barres, de fenêtres ou de preneur de son, Gaspard le tient de poings fermes, en position de Cow-Boy en plein rodéo, et minimise au maximum les mouvements provoqués par les secousses du bus. Exercice très physique, tout le monde se retrouve à se tenir les uns aux autres car les 2 mains se retrouvent vite prises quand on tourne (la perche, la caméra, le script, le caméraman, le retour plateau, etc.). Finalement, après 5 chutes et chocs évités de justesse, la scène est dans la boite et nous sortons du bus avec pour certains, un mal de cœur/ mal de bus/ mal des transports assez sévères.
Nous finissons la journée avec une scène constituant le point final du court métrage (nous nous permettons donc de garder le suspens).
Elle se tourne en fin de journée/ début de soirée dans un appartement prêté par la propriétaire et tout se passe très bien.
Nous rentrons tous aux alentours de 23 heures, complètement lessivés.