Journal du tournage : jour 4

Impossible de décaler la scène en extérieure, mise à mal par la météo. Effectivement, l’actrice principale devait rentrer à Paris l’après-midi même (obligation professionnelle).

Après une cellule de crise ouverte la veille, nous trouvons un moyen d’assurer cette scène.

De bonne heure, l’équipe technique accompagnée d’un régisseur et du directeur de production se rend sur les lieux en premier alors que le brouillard est encore levé sur l’étang. Effectivement, il allait pleuvoir.
Pendant ce temps, une autre partie de l’équipe était partie chercher une tente en dernière minute pour protéger le matériel technique et permettre l’équipe déco de préparer tout ce qu’il fallait. Aussi, des parapluies ont été trouvés un peu partout pour les acteurs et les caméras.

La journée commence, ce sera probablement la plus intense de la semaine.

Au bord de l’étang, sous une pluie fine pendant les premières heures de tournage, la scène se met en place. Les tentes pour protéger le matériel est monté, les acteurs s’habillent et se maquilles (ces deux éléments étaient précis et particuliers pour cette scène).

Dans une boue naissante sur le lieu de la scène, les caméras s’installent tant bien que mal en se protégeant de parapluies, la décoration (sophistiquée également) s’installe sur une nappe blanche à même le sol, au-dessus d’une couche de couvertures de survie pour éviter qu’elle ne devienne marron ou ne soit totalement mouillée. Il fallait - en posant les éléments de décors - éviter à tout prix de poser un bout de ses chaussures pleines de terres sur la nappe blanche, celle-ci étant la seule que nous avions.

Plusieurs drames sont évités de justesse, mais tout le monde reste calme.

Place aux acteurs. Ceux-ci sont les plus courageux de cette journée. La tenue vouée à cette scène devait évoquer des tenues romaines de l’antiquité c’est-à-dire un drap léger sur l’acteur principal (Maxime) qui le couvre entièrement (celui-ci étant nue en dessous) et une robe légère blanche pour Julie (joué par Lola Donati). Avec le vent, la pluie et le froid d’un mois de décembre, ils ont été mis à l’épreuve. Heureusement l’équipe régie et autres membres de l’équipe étaient très attentifs à leurs conditions et ont permis aux acteurs de tenir bon en les accompagnant à la voiture chauffée, en leur apportant des boissons chaudes …etc.

Je suis obligé de vous donner un élément de la scène tournée ce matin-là. Le personnage principal, Olivier, devait entrer nu dans l’eau (complètement nu), en plein mois de décembre. S’il avait fait beau ce jour-là (au moins pas de pluie et de vent), ça aurait été relativement simple. Mais là, avec un froid Lorrain qui s’infiltre dans les os, c’est autre chose.

Indiana Lavinal, directeur de production du tournage, avait essayé quelques jours avant pour être sûr que c’était faisable et s’en était bien sorti. Ainsi Maxime, en peignoir, a dû faire au moins 15 minutes d’activités physiques (tour du terrain en trottant, saut sur place, pompe) pour qu’aucun problème de ne se présente (hypothermie, etc…)

Au moment où tout est prêt, l’équipe technique rencontre des problèmes …techniques. Les acteurs en place sur le drap blanc au milieu du beau décor fait sur un champ de bataille doivent donc attendre. Il fait froid et ils sont peu couverts. On donne donc une couverture de survie à Lola et entasse des doudounes sur Maxime qui se retrouve dans un igloo de manteau. Mais l’attente est longue et Maxime commence sérieusement à avoir froid. Solution de dernier recours, nous lui donnons un peu quelques gorgées de whisky bon marché pour le sauver.

Finalement, cette scène est une mission réussie, Maxime a dû retourner plusieurs fois dans l’eau, mais nous avons ce qu’il faut. Nous remballons pour la scène suivante en milieu d’après-midi.

Nous sommes tous exténués, voire enrhumés, à cause de la scène au bord de l’étang. Heureusement, la scène de l’après-midi se déroule au chaud, dans un grand et bel appartement en ville. Nous réinstallons un squatte avec les affaires de l’équipe technique dans toutes les pièces et de quoi nous nourrir ou nous réchauffer. Alors qu’une partie de l’équipe peut se permettre de se reposer, une autre prépare la scène qui sera tournée dans ce lieu.

Une boule de disco, une chorégraphe très talentueuse sur place, une pièce vide et de la musique électronique. Cette scène est une danse réalisée par le personnage principal, Olivier.

Expliquer cette scène serait vous expliquer tout le fond du court métrage, ce que je vous laisserai donc découvrir plus tard. Mais il s’agit bien d’une scène chorégraphiée en danse sur de la musique électronique. Maeva Gomez est la chorégraphe qui, avec Maxime, a répété pendant les 2 mois qui ont précédé le tournage.

Côté équipe technique, tout se met facilement en place, n’ayant pas de boue ou de pluie à dompter.

Le défi du cadrage de cette scène a été de rendre le plan psychédélique, ésotérique, voire fantastique. Pour ce faire, les mouvements de caméra devaient être imprévisibles et tournoyants. Équipé de la caméra avec RONIN et tout un système d’accroche au buste du cadreur (comme utilisé pendant la scène du bus), le cadreur devait être assuré par un régisseur qui tenait fermement l’attirail en suivant les mouvements que ce dernier décide de faire pour filmer. Autant vous dire que le cadreur et le régisseur derrière dansaient tout autant que Maxime.

La scène prend plusieurs heures pour être prise comme souhaité par les réalisateurs, mais nous ne terminons pas très tard et sommes ravis que la journée la plus intense de la semaine soit passée.

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