Affiche officielle

Nous sommes très heureux de vous présenter l’affiche officielle de « Demain, mon père », imaginée crée par Lara Damiens ».

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Journal du tournage : jour 5

Comme expliqué dans la scène de Yoga, certaines scènes du court métrage devaient être les plus réalistes possibles et les plus naturelles. C’est pour cela que la professeure de Yoga était une vraie professeure de yoga. La scène tournée ce jour-là est encore une scène au bord de l’étang, pendant laquelle Olivier rencontre de vieux amis de son père, des amis pêcheurs.

Ces pêcheurs ne sont pas des acteurs. Il s’agit de quelques personnes de l’entourage des réalisateurs, qui ont accepté de jouer le rôle. La scène de discussion entre Olivier et cette bande d’amis pêcheurs a été réalisée en improvisation totale, et a été merveilleusement réussie.

Nous avons même eu l’aide d’un véritable pêcheur trouvé quelques jours avant au bord de l’étang par le directeur de production, pour nous expliquer les techniques et rendre la scène plus véridique encore.

Les scènes improvisées sont gardées et nous arrivons à tout tourner parfaitement.

L’après-midi, dernière prise du tournage.
Nous filmons l’entrée d’Olivier dans un immeuble et une discussion qu’il a avec Mathilde (jouée par Alice Fisher), une jeune fille rencontrée pendant le cours de Yoga.

Pendant qu’une partie de l’équipe se repose et prépare l’appartement pour la scène de discussion, les autres préparent la scène où Olivier sonne à l’appartement et entre dans l’immeuble.

L’installation était assez technique. Une lumière devait être ajoutée au-dessus de l’entrée de l’immeuble, il a donc fallu installer un bras tenant une grande lampe au-dessus de cette entrée et au milieu du trottoir.

Le trottoir était assez étroit et toute cette mise en place technique a pris beaucoup de temps.

Au moment où nous tournons finalement la scène, il a fallu qu’un membre de l’équipe bloque la circulation pour permettre au cadreur de prendre suffisamment de recul au moment de filmer la scène.

Heureusement, aucune voiture n’a bronché et tout a été tourné rapidement.

Dans la foulée, l’équipe monte à l’appartement avec tout le matériel pour la scène de discussion. Celle-ci a été très longue à prendre, car avec beaucoup de dialogues.

C’est après quelques accrochages entre les membres de l’équipe causés par la fatigue accumulée toute la semaine que la scène est terminée en beauté.
Il s’agissait de la dernière scène de « Demain, mon père », nous nous applaudissons, fêtons l’évènement et finissons un par un, par nous écrouler dans nos lits.

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Journal du tournage : jour 4

Impossible de décaler la scène en extérieure, mise à mal par la météo. Effectivement, l’actrice principale devait rentrer à Paris l’après-midi même (obligation professionnelle).

Après une cellule de crise ouverte la veille, nous trouvons un moyen d’assurer cette scène.

De bonne heure, l’équipe technique accompagnée d’un régisseur et du directeur de production se rend sur les lieux en premier alors que le brouillard est encore levé sur l’étang. Effectivement, il allait pleuvoir.
Pendant ce temps, une autre partie de l’équipe était partie chercher une tente en dernière minute pour protéger le matériel technique et permettre l’équipe déco de préparer tout ce qu’il fallait. Aussi, des parapluies ont été trouvés un peu partout pour les acteurs et les caméras.

La journée commence, ce sera probablement la plus intense de la semaine.

Au bord de l’étang, sous une pluie fine pendant les premières heures de tournage, la scène se met en place. Les tentes pour protéger le matériel est monté, les acteurs s’habillent et se maquilles (ces deux éléments étaient précis et particuliers pour cette scène).

Dans une boue naissante sur le lieu de la scène, les caméras s’installent tant bien que mal en se protégeant de parapluies, la décoration (sophistiquée également) s’installe sur une nappe blanche à même le sol, au-dessus d’une couche de couvertures de survie pour éviter qu’elle ne devienne marron ou ne soit totalement mouillée. Il fallait - en posant les éléments de décors - éviter à tout prix de poser un bout de ses chaussures pleines de terres sur la nappe blanche, celle-ci étant la seule que nous avions.

Plusieurs drames sont évités de justesse, mais tout le monde reste calme.

Place aux acteurs. Ceux-ci sont les plus courageux de cette journée. La tenue vouée à cette scène devait évoquer des tenues romaines de l’antiquité c’est-à-dire un drap léger sur l’acteur principal (Maxime) qui le couvre entièrement (celui-ci étant nue en dessous) et une robe légère blanche pour Julie (joué par Lola Donati). Avec le vent, la pluie et le froid d’un mois de décembre, ils ont été mis à l’épreuve. Heureusement l’équipe régie et autres membres de l’équipe étaient très attentifs à leurs conditions et ont permis aux acteurs de tenir bon en les accompagnant à la voiture chauffée, en leur apportant des boissons chaudes …etc.

Je suis obligé de vous donner un élément de la scène tournée ce matin-là. Le personnage principal, Olivier, devait entrer nu dans l’eau (complètement nu), en plein mois de décembre. S’il avait fait beau ce jour-là (au moins pas de pluie et de vent), ça aurait été relativement simple. Mais là, avec un froid Lorrain qui s’infiltre dans les os, c’est autre chose.

Indiana Lavinal, directeur de production du tournage, avait essayé quelques jours avant pour être sûr que c’était faisable et s’en était bien sorti. Ainsi Maxime, en peignoir, a dû faire au moins 15 minutes d’activités physiques (tour du terrain en trottant, saut sur place, pompe) pour qu’aucun problème de ne se présente (hypothermie, etc…)

Au moment où tout est prêt, l’équipe technique rencontre des problèmes …techniques. Les acteurs en place sur le drap blanc au milieu du beau décor fait sur un champ de bataille doivent donc attendre. Il fait froid et ils sont peu couverts. On donne donc une couverture de survie à Lola et entasse des doudounes sur Maxime qui se retrouve dans un igloo de manteau. Mais l’attente est longue et Maxime commence sérieusement à avoir froid. Solution de dernier recours, nous lui donnons un peu quelques gorgées de whisky bon marché pour le sauver.

Finalement, cette scène est une mission réussie, Maxime a dû retourner plusieurs fois dans l’eau, mais nous avons ce qu’il faut. Nous remballons pour la scène suivante en milieu d’après-midi.

Nous sommes tous exténués, voire enrhumés, à cause de la scène au bord de l’étang. Heureusement, la scène de l’après-midi se déroule au chaud, dans un grand et bel appartement en ville. Nous réinstallons un squatte avec les affaires de l’équipe technique dans toutes les pièces et de quoi nous nourrir ou nous réchauffer. Alors qu’une partie de l’équipe peut se permettre de se reposer, une autre prépare la scène qui sera tournée dans ce lieu.

Une boule de disco, une chorégraphe très talentueuse sur place, une pièce vide et de la musique électronique. Cette scène est une danse réalisée par le personnage principal, Olivier.

Expliquer cette scène serait vous expliquer tout le fond du court métrage, ce que je vous laisserai donc découvrir plus tard. Mais il s’agit bien d’une scène chorégraphiée en danse sur de la musique électronique. Maeva Gomez est la chorégraphe qui, avec Maxime, a répété pendant les 2 mois qui ont précédé le tournage.

Côté équipe technique, tout se met facilement en place, n’ayant pas de boue ou de pluie à dompter.

Le défi du cadrage de cette scène a été de rendre le plan psychédélique, ésotérique, voire fantastique. Pour ce faire, les mouvements de caméra devaient être imprévisibles et tournoyants. Équipé de la caméra avec RONIN et tout un système d’accroche au buste du cadreur (comme utilisé pendant la scène du bus), le cadreur devait être assuré par un régisseur qui tenait fermement l’attirail en suivant les mouvements que ce dernier décide de faire pour filmer. Autant vous dire que le cadreur et le régisseur derrière dansaient tout autant que Maxime.

La scène prend plusieurs heures pour être prise comme souhaité par les réalisateurs, mais nous ne terminons pas très tard et sommes ravis que la journée la plus intense de la semaine soit passée.

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Journal du tournage : jour 3

Le matin, nous sommes allés tourner une scène de cours de Yoga dans la salle « Velvet Yoga », à Metz.

C’était une scène particulière, car elle comprenait beaucoup de figurants, donc assez complexe pour notre petite équipe de gérer autant de monde. Il y avait autant de figurants que de techniciens. En plus, un reportage de Mirabelle Tv sur le film et les réalisateurs devait être réalisé ce jour même : il fallait tout gérer en simultané (Vidéo disponible sur ce site web).

Pour tourner la scène du cours de Yoga, une véritable chorégraphie a été préparée par Victoria Fleurentin, la sœur d’un des réalisateurs (Charles Fleurentin). L’équipe des figurants a ainsi pu se préparer à l’avance permettant un résultat très réaliste sur le cours de Yoga.

La professeure de Yoga dans la scène (jouée par Amy Bossi) est une véritable professeure de yoga. Ce choix a été fait pour tendre vers plus de réalisme, d’incarnation du réel dans ces scènes représentant des activités du quotidien.


L’après-midi, nous partons pour Nancy tourner une scène dans un Aquarium. Il avait été difficile de trouver une véritable boutique de poisson et d’aquarium, vu qu’elles se font rares. Le propriétaire a accepté de nous prêter le lieu le temps d’une après-midi.

Cette petite boutique était dans un centre commercial assez vieillissant, où une ambiance glauque régnait dans tout le bâtiment avec des éclairages néons en fin de vie. Les gens présents dans ce centre commercial étaient plutôt surpris de voir s’agiter toute une bande de jeunes, équipés de caddies remplis de matériel technique.

Au contraire, dans la boutique même, un monde beaucoup plus coloré s’offrait à nous. Les lumières bleues et roses des aquariums créaient une ambiance beaucoup plus originale et chaleureuse.

La scène tournée concernait une visite du personnage principal, accompagnée de son amie Julie. Une discussion autour de leurs sentiments communs s’engage et finalement, un vendeur vient interrompre les déclarations.

Malgré le peu de dialogue contenus dans cette scène, il a été long de mettre tout en place. Les câbles du matériel ont dû être fixés au plafond pour être dissimulés et l’espace assez restreint a exigé plusieurs précautions et réflexions sur les plans et déplacements de la caméra.

La scène aurait dû être tournée de 14h à 18h, mais nous avons fini à 21h. Heureusement, le propriétaire a été conciliant sur la longueur imprévue de cette prise.

Nous sommes rentrés entre 22h et 23h, sans avoir mangé, c’était encore une journée épuisante pour toute l’équipe.

Les imprévus n’étaient pas près de s’arrêter, car le lendemain, une scène très importante en extérieur allait être tournée, au bord d’un étang. Or, la météo annonçait de la pluie. Ce qui inquiéta toute l’équipe. L’organisation du lendemain devait être modifiée, il fallait trouver une tente pour abriter tout le matériel et des multitudes de parapluies, et ce en moins de 12h. La tension était à son comble, tous exténués, après une très longue journée, nous savions que nous dormirions peu, mais demain était une journée décisive : c’était la scène finale du film !

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Journal du tournage : jour 2

Ce jour-là, direction Nancy pour tourner une scène dans un parc et une autre dans l’appartement du réalisateur.

Etant originaire de Metz, toute l’équipe a dû se répartir en plusieurs voitures et faire le trajet pour Nancy, où nous allons tourner une scène d’introduction de « Demain, mon père » dans le parc de la Pépinière.

Pour tourner une scène dans un parc public, il faut avant toute chose avoir une autorisation de la Mairie. Mais ce n’est pas tout, car pour tourner des plans drones (ce que nous allons faire), il faut aussi obtenir l’autorisation de la préfecture.

Armés de toutes ces formalités et de notre matériel, nous commençons cette vaste opération vers 8 heures du matin.

Pour installer brièvement le décor (jeu de mots), cette scène consiste à mettre en scène le personnage principal en train d’effectuer un service civique de nettoyage d’espace public. L’idée est de montrer la solitude et la morosité du personnage, qui n’est pas particulièrement passionné par ce job.

Les photos seront plus explicites.

Le parc est grand, les chemins de passage sont très larges et longs.

Une fois les figurants sur place (suffisamment pour créer de l’activité autour du personnage), les prises au drone commencent. Niveau équipe technique, tout se passe bien.

Mais à nouveau, il faut bloquer la circulation piétonne. Cette fois, ce n’est pas pour éviter une fenêtre, mais toute une allée de parc.

La méthode diffère donc de la veille : Cacher vous derrière les arbres au niveau des intersections des chemins, et bloquer le plus discrètement possible toute personne remontant ou croisant l’allée principale, du moins ceux rentrant dans le champ de la caméra.

La scène est longue à prendre, on recommence plusieurs fois. Dans un froid bien lorrain (humide et douloureux), tout le monde reste le plus patient possible.

Les figurants sont motivés : ils doivent attendre avant de figurer dans la scène les concernant, marchent sur une longue allée sans vraiment savoir à quel moment s’arrêter, … Ils ont tenu bon.

C’est comme cela que de 8h à 12h, nous tournons 3 plans différents dans le parc de la Pépinière de Nancy.

Sans vouloir être dramatique, je précise que ces scènes ne seront pas gardées dans le montage final, pour des raisons de rythme du court métrage, ce qui est toujours une décision difficile à prendre car chaque scène, chaque plan est une aventure à part entière et l’énergie investie dans celles-ci crée inévitablement un attachement.

L’après-midi, nous tournons une scène qui deviendra la scène d’ouverture du court métrage. Olivier apprend dans sa cuisine, par un coup de téléphone de sa grand-mère, que son père est décédé.
Malgré la simplicité de ce genre de scène aux premiers abords, on a fait face à quelques complications.

Déjà, toute l’équipe s’est entassée dans l’appartement pendant que la cuisine était occupée pour le tournage. Tous complètement exténués d’hier et de ce matin, le salon ressemble à un véritable squat où quelques mandarines partagées nous apportent un peu de force et de réconfort et où chacun s’endort dans des positions toujours plus complexes.

L’installation de la scène se complique. Il faut fixer un grand rideau rouge devant une fenêtre avec une barre de rideau de douche trop petite. Bon, finalement une solution plus simple a été trouvée grâce à une équipe technique au top de l’ingéniosité. La fatigue rend difficile le jeu de l’acteur et les prises se multiplient, mais finalement c’est dans la boîte à force d’efforts et d’ajustements.

Le départ est compliqué, on met du temps à trouver certains matériels, on est toujours très fatigués, et 1h30 de route nous attend.

Finalement nous rentrons vers 20h-21h et ne tardons pas à tous nous endormir dans de bonne conditions cette fois.

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Articles à propos du tournage de "Demain, mon père"

Article publié dans La Semaine de Metz, Thionville, Moselle

Deux Messins se sont lancés, cet automne, dans la réalisation d’un court-métrage à Metz et Nancy. Intitulé « Demain mon père », le film raconte la quête d’un jeune homme pour retrouver son papa, à travers sa passion : la pêche.

Un père, un poisson, un film


La brume matinale ne s’est pas encore levée, ce vendredi 18 décembre que toute une troupe, armée de matériel de cinéma, s’affaire déjà aux abords d’un étang, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Metz. Au bord de l’eau retentit un clap caractéristique, celui qui indique que le tournage d’une scène vient de débuter. Derrière la caméra, il y a Charles Fleurentin, pharmacien à Woippy. A ses côtés, son ami Jean-Baptiste Thomas observe les acteurs s’affairer autour d’un hameçon. Aujourd’hui a lieu le dernier jour de tournage de leur court-métrage, Demain mon père, dont ils sont tous deux réalisateurs et scénaristes. « Le film se centre sur Olivier, un jeune de 22 ans un peu paumé, explique Charles. Il apprend le décès de son père, une espèce de rustre qui ne parlait pas beaucoup. Comme il ne l’a jamais vraiment connu, il mène une quête d’identité à travers sa passion, qui était la pêche. Il rencontre une fille, Mathilde, férue de yoga et de bouddhisme, qui lui met dans la tête l’idée que son père s’est réincarné en poisson, particulièrement en perche. »

« Une grande ambition mais un petit budget »

Long d’une vingtaine de minutes, le film raconte cette quête du père et dépeint, en parallèle, « la rencontre de deux France qui ne se parlent pas : la France périphérique des villages, passionnée de nature, et le centre-ville ». C’est à Berlin, il y’a trois ans, que le premier jet du scénario est né dans l’esprit de Jean-Baptiste. « C’était aussi pour rendre hommage à mon père, qui lui est vivant. J’avais envie de créer un lien avec lui par le cinéma ; c’est une histoire qui me touche et qui a touché Charles aussi. Finalement, on s’y reconnait tous, on a tous des histoires de parents un peu compliquées. » Spirituel et « un peu perché », le court-métrage puise dans les inspirations de ses deux réalisateurs, entre Gaspar Noé et Terrence Malick, doublées de dialogues crus à la Michel Audiard ou Bruno Dumont. « On a des scènes de danse quasiment transcendantales, décrit Jean-Baptiste Thomas, où Olivier danse pour apprendre la gestuelle des poissons, pour communiquer avec son père. »

Le projet, produit par l’association messine, Arcane, rassemble une douzaine de personnes, dont la plupart sont professionnelles, en sortie d’école de cinéma. Une technicienne a travaillé avec Jean Pierre Jeunet ; un autre, François Calvier, collabore avec le Messin bien connu, Mamytwink. Tourné à Metz et Nancy, le film contient des scènes dans la cathédrale Saint-Etienne, dans les rues messines, et même dans le Mettis. Son équipe, quant à elle, est originaire du monde entier : Paris, Grenoble, Belgique… mais aussi Québec, Allemagne et Uruguay. « C’est un film qui a une grande ambition mais un petit budget détaille Charles Fleurentin. On a environ 5 000 euros et on est tous bénévoles. » Jean-Baptiste Thomas le rejoint : « On se rend compte que ce projet nous dépasse complètement, c’est au-delà de nos espérances. » L’équipe, qui devrait sortir le film au premier semestre 2021, espèce bien faire le tour des festivals et, pourquoi pas, organiser une avant-première au cinéma Klub de Metz.

Jean Vayssières
Tous droits La Semaine

MirabelleTV

Journal du tournage : jour 1



La veille du premier jour de tournage, nous nous sommes tous retrouvés à Metz.
Après un test Covid pour tout le monde (évidemment), les réalisateurs ont pris à tour de rôle la parole pour nous souhaiter la bienvenue et nous annoncer les couleurs de l’expérience que nous nous apprêtions à vivre. Nous continuons la soirée en faisant connaissance les uns avec les autres, notre équipe étant composée de 12 personnes des quatre coins de la France et du Luxembourg.
Le lendemain, réveil à 7h-7h30, la première scène est tournée dans un café- bar très chaleureux à Metz (prêté par le propriétaire pour le tournage).
Pour cette première scène, l’équipe est au complet.
On commence par un déplacement de meubles afin d’avoir la place pour le matériel et la caméra.
Tout se déroule parfaitement bien, c’est le premier jour et on est tous hyper motivés et plein d’énergie.
Pour un plan où la rue est visible par la fenêtre, les 2 régisseurs (Gaspard et Marine), doivent aller dans la rue, pour arrêter les passants et éviter qu’ils rentrent dans le champ de la caméra. Un exercice délicat : comment faire ça gentiment, sans trop se prendre pour un agent de circulation et sans se faire totalement ignorer ou détester.
En plus, nous sommes 2 pour 3 voies de passage, le bar situé sur un angle. Il y avait 2 trottoirs à chaque fois, donc pas évident de scruter tout ça en même temps. On essaye des signes de loin, ce qui nous fait passer pour des fous ou alors on court à la rencontre des passants de bout en bout de la chaussée (ce qui leur fait parfois un peu peur). Chaque passant traversant la rue est un risque de gâcher le plan car ils ne résistent pas à leur curiosité et jettent inévitablement un regard dans le bar.
On a fini par essayer de leur dire simplement d’avancer sans regarder parce que ça tournait à l’intérieur et idem, impossible pour eux de résister à un petit coup d’œil vers la caméra.
Néanmoins, Metz n’étant pas New York, on finit par avoir un laps de temps où le plan se tourne sans perturbations.
On remballe tout rapidement et les équipes partent une à une pour les prochaines scènes.
D’abord les acteurs et les réalisateurs (pour se préparer, avoir le temps de se mettre dans le rôle et d’appréhender les lieux).
Ensuite l’équipe technique (avec une voiture pleine de matériels pour l’image, le son, la lumière, etc.).
En derniers, les régisseurs qui finissent de ranger, de remettre le bar en état, de remercier le propriétaire, et vérifier que rien n’a été oublié.
Départ pour la scène du bus.
Pour tourner cette scène, nous avons demandé l’autorisation au service transport de Metz.
D’abord, nous tournons une scène où Olivier (joué par Maxime Barkowski) sort du bus. Pour cela, lorsqu’un bus arrive à l’arrêt, Maxime monte dedans, et joue son rôle, c’est-à-dire redescendre. Au même moment, un membre de l’équipe s’empresse d’aller demander au chauffeur d’attendre un petit peu avant de repartir. Le premier essai est raté, on le refait plusieurs fois, donc on attend un autre bus etc. Finalement la scène est tournée et tout s’est bien passé.
Les choses se compliquent un peu lorsqu’il s’agit de tourner DANS le bus. Scène où Olivier, trouve à ses pieds un prospectus qui le guidera dans sa quête.
Tourner dans un bus … je ne sais pas pour vous mais moi j’imaginais un bus vide, garé ou sur le bord d’une route et surtout, à l’arrêt. Ensuite, s’il faut que le bus roule, eh bien l’informatique fera le travail !
En fait, pas du tout, l’idée est plus simple dans un sens mais en fait assez technique…
Pour tourner une scène dans un bus :
Montez dedans (alors qu’il est plein), achetez des tickets pour tout le monde, demandez à tous les passagers du fond de s’avancer devant (pour avoir la place de filmer) installez les figurants et acteurs, et préparez-vous à dompter la route.
Nous montons donc dans un bus plutôt bien rempli en équipe restreinte (réalisateurs, assistante réalisateurs, figurant, acteur, perchman, un régisseur et les 2 membres de l’équipe technique image).
D’abord, pour convaincre les passants de se déplacer, Jean Baptiste (réalisateur de "Demain, mon père") va déclarer qu’avec l’autorisation de la préfecture de Metz, nous allons tourner une scène et que nous avons besoin de place.
Cela se passe bien (surprenant) et tout le monde est conciliant. Jean Baptiste a quelque chose d’autoritaire finalement.
La difficulté apparait lorsque la caméra tourne. Nous sommes tombés sur le chauffeur de bus le moins doux de la région Grand Est. Entre virages serrés et coups de freins brutaux, on soupçonnerait presque une volonté de sabotage.
Pour que le cadreur et sa caméra ne se prennent pas de barres, de fenêtres ou de preneur de son, Gaspard le tient de poings fermes, en position de Cow-Boy en plein rodéo, et minimise au maximum les mouvements provoqués par les secousses du bus. Exercice très physique, tout le monde se retrouve à se tenir les uns aux autres car les 2 mains se retrouvent vite prises quand on tourne (la perche, la caméra, le script, le caméraman, le retour plateau, etc.). Finalement, après 5 chutes et chocs évités de justesse, la scène est dans la boite et nous sortons du bus avec pour certains, un mal de cœur/ mal de bus/ mal des transports assez sévères.
Nous finissons la journée avec une scène constituant le point final du court métrage (nous nous permettons donc de garder le suspens).
Elle se tourne en fin de journée/ début de soirée dans un appartement prêté par la propriétaire et tout se passe très bien.
Nous rentrons tous aux alentours de 23 heures, complètement lessivés.

Demain, mon père



ARCANE a l’immense joie de vous présenter son dernier grand projet : « Demain, mon père », un court métrage écrit et réalisé par Jean Baptiste Thomas et Charles Fleurentin.

Synopsis :
Olivier, victime d’un monde qu’il ne saisit pas, apprend le
décès de son père - un passionné de pêche. Dès lors Olivier part
comprendre l’univers de son père qu’il ne connaissait pas...

Au-delà d’une production audiovisuelle, Demain, mon père a été une véritable aventure. Il a rassemblé une équipe où chacun, passionnés, étudiants ou professionnels, provenant de France, du Québec, du Luxembourg ou de Belgique, était une pièce indispensable à cette machine qu’est le tournage.

La réalisation de ce projet dans un contexte pourtant peu favorable à la création artistique est devenue une expérience hors du temps, fruit de passions communes et d’un objectif précis : vous partager les émotions d’une histoire pas si banale et vous faire voyager à travers ce film.